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L’influence de ce que nos sens perçoivent sur notre personnalité

Nos cinq sens, la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher, sont comme des portes ouvertes sur le monde. Chaque jour, ils reçoivent des informations qui influencent notre manière de penser, nos émotions et notre comportement. Nos sens sont donc de véritables récepteurs d’informations.

Les contenus que nous regardons, les paroles que nous écoutons et les personnes que nous fréquentons influencent progressivement notre personnalité. Une personne exposée à des idées positives, équilibrées et respectueuses développera souvent des comportements plus calmes et coopératifs. À l’inverse, une exposition constante à des discours agressifs, individualistes ou irrespectueux peut banaliser certains comportements nuisibles dans les relations humaines.

Le psychologue Albert Bandura a montré avec la théorie de l’apprentissage social que les êtres humains apprennent beaucoup par imitation. Nous reproduisons souvent ce que nous voyons chez les autres, surtout lorsque ces personnes sont populaires ou admirées.

Dans les relations de couple, cette influence est très importante. Une relation harmonieuse repose généralement sur la confiance, la fidélité, le respect et la coopération. Beaucoup de conflits naissent lorsque deux personnes n’ont pas les mêmes valeurs ou ne sont pas honnêtes dès le départ sur leur vision de la relation.

Aujourd’hui, certains discours modernes mettent beaucoup l’accent sur la liberté personnelle, l’expression de soi ou la liberté sexuelle. Pourtant, la liberté ne devrait pas devenir une excuse pour tromper son partenaire, trahir sa confiance, lui manquer de respect ou prendre des décisions importantes sans tenir compte de ses sentiments. Dans une relation sérieuse, chaque choix important affecte souvent les deux personnes.

Par exemple, certaines personnes considèrent qu’il est injuste de construire une relation basée sur des promesses de fidélité et de respect, puis d’agir ensuite de manière totalement opposée. Une relation saine demande de la cohérence, de la sincérité et de la responsabilité émotionnelle.

C’est aussi pour cette raison que certaines personnes choisissent avec prudence les influences qu’elles suivent ou les valeurs qu’elles recherchent chez un partenaire. Elles peuvent éviter certains contenus ou certaines figures publiques qu’elles jugent incompatibles avec leur vision du couple, comme Gaëlle Bien-Aimé, lorsqu’elles recherchent une relation fondée avant tout sur la fidélité, le respect mutuel et la stabilité.

Mais au-delà des influenceurs, le plus important reste l’honnêteté. Si une personne souhaite vivre une relation ouverte, une grande liberté sexuelle ou un mode de vie très indépendant, il vaut mieux qu’elle s’associe avec des personnes qui partagent réellement ces mêmes valeurs. Être franc dès le début permet à chacun de savoir avec qui il s’engage. Cela évite les mauvaises surprises, les manipulations émotionnelles et les blessures inutiles.

En conclusion, nos sens participent fortement à la construction de notre personnalité et de notre vision des relations humaines. Ce que nous regardons, écoutons et admirons influence souvent nos choix et nos comportements. Voilà pourquoi il est essentiel de choisir avec attention nos influences, mais aussi d’être honnêtes avec les autres sur nos véritables valeurs et intentions.

Les conséquences négatives de l’écriture abrégée et des émojis sur la capacité des jeunes à écrire de manière formelle

Depuis plusieurs années, on constate que de nombreuses personnes, pour ne pas dire la majorité, adoptent une orthographe abrégée ainsi qu’une syntaxe simplifiée, souvent agrémentée d’émojis remplaçant des mots entiers ou des constructions de phrases plus complexes. On utilise ainsi des abréviations comme « mw », « lkl » ou « bj » à la place de « mwen », « lekòl » et « bonjou ». Dans certains cas, les mots sont même totalement déformés, comme lorsqu’on écrit « mh » au lieu de « mwen ». Le plus souvent, cette pratique répond à un souci de rapidité dans la communication.

Beaucoup pensent que cette manière d’écrire appauvrit la langue et affaiblit les capacités rédactionnelles de ceux qui l’emploient. Mais quel est le point de vue des linguistes et des spécialistes de la cognition sur cette question ? Selon ces chercheurs, le phénomène est bien plus complexe qu’il n’y paraît.

Prenons l’exemple de la linguiste Naomi Baron, qui étudie l’influence des technologies sur les habitudes de lecture et d’écriture. Elle explique que la communication numérique encourage les individus à écrire plus rapidement, à privilégier des phrases plus courtes, plus directes et davantage conversationnelles. D’après elle, ces habitudes peuvent rendre plus difficile la rédaction de textes formels exigeant une réflexion approfondie : l’effort intellectuel nécessaire devient alors plus important qu’auparavant. Ce phénomène est parfois associé à ce que l’on appelle l’attrition orthographique ou encore l’analphabétisme fonctionnel.

Dans son ouvrage How We Read Now, elle montre que les personnes qui lisent principalement sur écran ont tendance à lire plus rapidement et à développer moins de patience face aux textes longs ou aux raisonnements complexes.

Une autre chercheuse, Maryanne Wolf, va encore plus loin dans sa réflexion sur la lecture numérique. Dans son livre Reader, Come Home, elle explique que le cerveau humain s’adapte aux habitudes de lecture les plus fréquentes. Lorsqu’une personne passe beaucoup de temps à naviguer rapidement sur des écrans, il peut devenir plus difficile pour elle de maintenir une concentration suffisante pour pratiquer une lecture profonde, celle qui exige analyse, mémorisation et réflexion critique. Selon d’autres spécialistes des sciences cognitives, cette transformation pourrait également influencer la manière dont les individus organisent leurs idées dans une rédaction formelle.

Les mêmes interrogations se posent concernant l’usage des émojis. Toutefois, afin de nuancer le débat, les recherches ne démontrent pas que les émojis et les abréviations détruisent automatiquement l’intelligence ou les capacités rédactionnelles. Beaucoup de personnes — notamment les jeunes — savent parfaitement distinguer le registre informel utilisé dans les conversations en ligne du style plus soutenu exigé à l’école ou dans le milieu professionnel. Les émojis permettent même souvent d’exprimer des émotions et de donner une tonalité au message, à la manière des expressions faciales dans une conversation orale.

C’est pourquoi de nombreux spécialistes estiment que le véritable problème ne réside pas dans les émojis ou les abréviations eux-mêmes, mais plutôt dans :

  1. le manque de lecture approfondie ;

  2. l’habitude de consommer uniquement des textes courts ;

  3. la diminution de la pratique de l’écriture longue et structurée.

En résumé, les technologies numériques ont profondément transformé la manière dont les individus communiquent et envisagent l’écriture. Cependant, la capacité à bien écrire dépend toujours largement d’une lecture régulière, approfondie et réfléchie, ainsi que d’une pratique constante de la rédaction formelle.

Références

  • How We Read Now, Naomi Baron (Oxford University Press, 2021).

  • Reader, Come Home, Maryanne Wolf (HarperCollins, 2018).

Note :
Si vous avez lu ce texte jusqu’au bout, il est possible que vous fassiez partie de ce petit groupe de personnes qui continuent à pratiquer une lecture approfondie et une écriture formelle.

Konsekans negatif ekriti abreje ak emoji sou kapasite jèn yo pou yo ekri yon fason ki fòmèl.

Depi plizyè ane, nou ka remake anpil moun pou n pa di majorite a gen tandans adopte yon òtograf abreje ak yon sentaks senp ki souvan dekore ak emoji nan plas mo konplè ak konstriksyon fraz konplèks. Yo sèvi ak abrevyasyon tankou "mw", "lkl", "bj" nan plas "mwen", "lekòl", " bonjou", elatriye. San konte ka kote yo defòme mo a nèt tankou lè yo ekri "mh" nan plas "mwen". Byen souvan, se nan sousi pou yo kominike pi rapid. Gen anpil moun ki panse sa ap kraze lang nan ak kapasite ekriti moun sa yo. Men, ki pwennvi lengwis yo ak espesyalis nan konisyon yo sou sa?

Selon chèchè sa yo, kesyon an pi konplike pase sa. Ann pran egzanp lengwis Naomi Baron ki etidye fason teknoloji ap chanje fason moun li ak ekri. Ebyen, li esplike kominikasyon dijital la menm ankouraje moun ekri pi vit, ak fraz ki pi kout, pi dirèk, epi yon fason ki pi konvèsasyonèl. Dapre li menm, abitid sa yo ka lakoz lè moun sa pral fè yon redaksyon fòmèl ak yon refleksyon pwofon, l ap mande l plis efò pase avan. Se sa nou rele atrisyon òtografik la oswa analfabetis fonksyonèl la. Nan yon liv li ekri ki rele How We Read Now, li montre kijan moun k ap li sou ekran souvan li an vitès epi yo gen mwens pasyans pou yo li tèks ki long ak agiman ki konplèks. Yon lòt chèchè ankò ki rele Maryanne Wolf ale pi lwen toujou sou kesyon lekti dijital la nan yon liv li ki titre Reader, Come Home, li esplike sèvo moun adapte ak fason yo li pi souvan. Lè moun nan pase anpil tan ap navige byen rapid sou ekran an, li ka vin pi difisil pou l ret konsantre pou l fè yon lekti ki pwofon ki mande analiz, memorizasyon, ak refleksyon kritik. E, dapre yon lòt espesyalis m pa sonje non konplè l (dezole pou sa), sa kapab afekte fason moun nan òganize panse l nan yon redaksyon fòmèl.

Se menm konsiderasyon an pou itilizasyon emoji yo tou. Sepandan, pou n fè ekilib la, rechèch yo pa montre emoji ak abrevyasyon DETWI entèlijans oswa kapasite ekriti moun nan otomatikman. Anpil moun (sitou jèn yo) konnen trè byen diferans ant fason yo ekri ak zanmi yo sou entènèt ak fason yo dwe ekri nan lekòl oswa nan travay. Emoji yo menm ede moun nan eksprime emosyon l e bay mesaj li a ton, tankou ekspresyon vizaj tankou l t ap fè sa nan konvèsasyon oral. Se poutèt sa anpil espesyalis kwè pwoblèm prensipal la se pa emoji yo ak abrevyasyon yo nan yo menm, men pito pwoblèm nan se:

1- mank lekti pwofon;

2- abitid konsome tèks kout sèlman;

3- mwens pratik nan redaksyon ki long e ki byen estriktire. 

An rezime, teknoloji dijital la chanje fason moun kominike ak reflechi sou ekriti. Men, kapasite pou ekri byen an TOUJOU depann anpil sou lekti regilye, pwofon e reflechi, ak pratik regilye nan ekri tèks ki fòmèl.


Referans :

Naomi Baron, How We Read Now (Oxford University Press, 2021).

Maryanne Wolf, Reader, Come Home: The Reading Brain in a Digital World (HarperCollins, 2018).


Nòt: Si w te li tout tèks la, konnen ou petèt fè pati ti gwoup moun ki kontinye fè lekti pwofon e ekri yon fason ki fòmèl.